Russian opposition activist Lyubov Sobol speaks to the media was she arrives at the court in Moscow, Russia, Monday, Aug. 2, 2021. Sobol, a top ally of opposition leader Alexei Navalny, will appear at the sentencing hearing in a Moscow court on the so-called 'sanitary' case. She was accused of violating coronavirus restrictions on the mass gathering of people when calling for protests against the arrest of Navalny on his return to Russian from Germany. (AP Photo/Alexander Zemlianichenko)
Les autorités russes perpétuent une longue tradition consistant à utiliser les questions de santé pour régler des différends politiques. Mardi 3 août, le tribunal Preobrajensky de Moscou a reconnu Lioubov Sobol, proche alliée de l’opposant Alexeï Navalny, coupable « d’incitation à la violation des règles sanitaires et épidémiologiques ».
Elle et d’autres opposants avaient appelé à manifester le 23 janvier pour réclamer la libération d’Alexeï Navalny, qui venait alors de rentrer en Russie après son empoisonnement à l’agent neurotoxique Novitchok. Au terme d’un procès instruit à huis clos en à peine un mois, elle a été condamnée à un an et demi de restriction de liberté. Durant cette période, il lui sera interdit de quitter son domicile entre 22 heures et 6 heures, d’assister à des événements publics et de sortir de Moscou.

Il s’agit de la première condamnation dans ce qui est nommé en Russie « l’affaire sanitaire », pour laquelle comparaissent également huit autres figures de l’opposition russe. C’est une référence directe à « l’affaire des médecins », connue en France sous le nom de « complot des blouses blanches », une machination antisémite ourdie par la police secrète de Staline en 1953. « Cette affaire a été lancée en hiver, lorsque Navalny est rentré en Russie et a suscité une mobilisation sans précédent, plus de 100 000 personnes en plein hiver à travers le pays. Y compris dans des la province profonde, où rien de tel n’avait jamais été observé auparavant », relève le politologue Abbas Galliamov.
Les partisans d’Alexeï Navalny n’ont aucun lien avec le mouvement des antivax et des antimasques. Bien au contraire, Lioubov Sobol et la syndicaliste Anastasia Vassilieva (également visée dans l’affaire sanitaire) n’ont cessé de critiquer le gouvernement russe depuis un an et demi pour sa lenteur, l’inefficacité de la campagne de vaccination et le manque de moyens consacrés à la lutte contre la pandémie.
AfriqueDiplo/AFP