C’est le 20 septembre dernier que le Président Félix Tshisekedi avait appelé au retrait accéléré de la MONUSCO de son pays. Dans son discours à la 78ème Assemblée générale de l’ONU, à New York, le dirigeant avait déclaré avoir demandé à son gouvernement d’entamer des discussions avec l’ONU afin d’accélérer le processus de retrait des Casques bleus. Félix Tshisekedi regrettait que les Casques bleus n’aient pas réussi à faire face aux groupes armés.
En réponse à cette requête, le Conseil de sécurité avait indiqué, le 16 octobre dernier, qu’il était prêt à décider, d’ici la fin de 2023, de l’avenir de la MONUSCO. Notamment de son retrait progressif, responsable et durable. Le Conseil avait insisté pour des « mesures concrètes et réalistes à prendre en priorité pour mener à bien ce retrait.
Ce départ se fait avec le volet plan de désengagement des forces, le volet transfert des responsabilités et des charges de la MONUSCO au gouvernement congolais évidemment accompagné des agences, fonds, programmes des Nations Unies . Les problèmes qui vont se poser et des propositions de solutions figurent dans la note pour minimiser toutes les ruptures brutales qui peuvent créer du vide sécuritaire.
Les Casques bleus chinois de la MONUSCO se sont officiellement retirés de la province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. Le mardi 11 avril 2024 a marqué le retrait officiel des Casques bleus chinois de la province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC). Cette cérémonie symbolique représente une nouvelle étape dans le retrait progressif de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO), réclamé par les autorités congolaises. 
La cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, a tenu à saluer le professionnalisme et la discipline des soldats chinois qui, depuis 2003, étaient basés au bord du lac Kivu et œuvraient principalement sur des projets d’ingénierie et de réhabilitation d’infrastructures. Le départ de ces 200 Casques bleus chinois s’inscrit dans un contexte de tensions accrues dans l’Est de la RDC.
En effet, la MONUSCO est l’une des plus importantes missions de l’ONU au monde. Elle a un effectif de plus de 12 000 Casques bleus et un budget annuel d’environ 1 milliard de dollars. Elle a été créée par la résolution du Conseil de sécurité n°1279 du 30 novembre 1999 pour travailler aux cotés des autorités congolaises « pour la stabilité et le retour de la paix » en RDC. Et pourtant, l’Est du pays peine toujours à retrouver la paix, suite à la persistance de l’insécurité entretenue par l’activisme des groupes armés, depuis plus de 20 ans.
La déception des Congolais et la décision du Président congolais semblent fondées. Ces dernières années, les appels au retrait de la fameuse mission se sont multipliés au sein de la classe socio-politique. Pour Kinshasa, la MONUSCO semble devenir une partie du problème en alimentant les tensions intercommunautaires exacerbées par des allégations d’une extrême gravité et qui sont fortement préjudiciables à la paix, à la réconciliation et à la cohésion nationale . Cette situation engendre un sentiment de méfiance des populations Congolaises à l’égard de la MONUSCO, et une crise de confiance entre les autorités maliennes et la mission de la paix de l’ONU.
En effet, malgré la présence de la MONUSCO depuis plus de deux décennies, les groupes armés continuent de semer la violence et l’insécurité dans la région. En décembre 2023, le Conseil de sécurité de l’ONU a acté le retrait progressif de la MONUSCO, en réponse aux demandes du gouvernement congolais. Cependant, ce retrait suscite des inquiétudes de la part de la communauté internationale, qui craint une recrudescence des violences dans un contexte sécuritaire déjà fragile.
Le retrait des Casques bleus chinois du Sud-Kivu est une étape symbolique importante. L’évolution de la situation sécuritaire demeure une zone d’ombre. Les forces de sécurité congolaises seront-elles en mesure de combler le vide laissé par la MONUSCO ? Là est toute la question. Les prochains mois permettront d’en savoir davantage.
Par Guylain Gustave Moke
Analyste Géopolitique