Le Mali fait face à une profonde crise sécuritaire. Les djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (affilié à Al-Qaïda) imposent notamment un blocus sur les importations de carburant, étranglant l’économie du pays sahélien enclavé.
La France « a décidé d’adapter son dispositif diplomatique et consulaire » au Mali – en d’autres termes, elle va réduire ses personnels dans un contexte de situation sécuritaire dégradée dans ce pays –, a annoncé vendredi 21 novembre le ministère des affaires étrangères français.
Cette décision a été prise « au regard du contexte et à l’instar de plusieurs de ses partenaires », a expliqué le Quai d’Orsay, en référence aux Etats-Unis et au Royaume-Uni qui ont déjà évacué leur personnel « non essentiel ». Il ne précise pas en revanche le nombre de personnes concernées.
Les consignes aux quelque 4 000 ressortissants français présents au Mali restent, elles, inchangées depuis l’appel, le 7 novembre, à prévoir un départ temporaire dès que possible par les vols commerciaux encore disponibles. Il est en outre formellement déconseillé de se rendre au Mali, quel que soit le motif.
Le nombre de personnes concernées, ainsi que l’impact concret de cette décision sur le fonctionnement futur de l’ambassade et de ses différents services à Bamako, n’a pas été précisé. 
Les enjeux symboliques et humains d’une telle mesure sont toutefois bien plus importants pour Paris que pour Washington ou Londres. Outre son statut d’ex-puissance coloniale qui entretient des relations très tendues avec Bamako depuis qu’une junte souverainiste y a pris le pouvoir par un coup d’Etat, en 2020, la France compte 4 300 ressortissants inscrits sur ses listes consulaires, parmi lesquels une large majorité de binationaux.
Depuis 2012, le Mali fait face à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences des djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et de l’organisation Etat islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires.
Les djihadistes du GSIM imposent un blocus sur les importations de carburant, étranglant l’économie du pays sahélien enclavé. La situation semblait ces derniers jours légèrement s’améliorer à Bamako avec l’arrivée de camions mais certaines villes sont toujours sans carburant depuis des semaines dans le reste du pays.
De longues files d’attente sont encore visibles devant les stations-service et la population dispose de l’équivalent de moins de six heures d’électricité par jour dans la capitale, selon un correspondant de l’Agence France-Presse.
Dans sa dernière vidéo de propagande publiée mardi, le GSIM a annoncé vouloir intensifier son blocus et fait savoir qu’il considérera désormais les chauffeurs de camion comme des combattants. Dans un autre document publié jeudi, le GSIM demande aussi aux ONG, entreprises, personnalités, associations, de se lever contre la junte au pouvoir.
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