Des proches du terroriste qui avait attaqué la synagogue à l’arme à feu, en 2023, ont été condamnés à des peines allant d’un à quinze ans de prison. Les avocats de la défense comme ceux des parties civiles dénoncent une enquête bâclée. Le pouvoir tunisien, lui, n’a jamais reconnu le caractère antisémite de l’attaque.
La justice tunisienne a rendu, lundi 16 février, son verdict dans le procès de l’attentat de la synagogue de la Ghriba, perpétré le 9 mai 2023 sur l’île de Djerba par Wissem Khazri, un agent de la garde nationale. Les accusés, présentés comme complices de l’auteur de l’attaque, abattu le jour des faits, ont été condamnés à des peines allant d’un à quinze ans de prison.
Son ex-fiancée, placée en détention provisoire depuis le début de l’instruction, a reçu une peine de huit ans de prison, selon Nizar Ayed, avocat de la partie civile. Elle était accusée de complicité d’homicide et d’appartenance à un groupe terroriste. Un ami qui lui avait loué un logement, également en détention, a été condamné à trois ans de prison ferme.
Un autre homme accusé de lui avoir transféré de l’argent a été condamné à sept ans de réclusion, la sœur de l’assaillant, qui comparaissait libre, à un an, tandis qu’un autre individu en fuite a reçu la peine la plus lourde, soit quinze ans d’emprisonnement.
Le 9 mai 2023, un gendarme de la Garde nationale avait tué trois de ses collègues ainsi que deux fidèles juifs, Aviel Haddad, un Tunisien de 30 ans, et son cousin Benjamin, un Français de 42 ans. 
L’assaillant avait d’abord abattu un gendarme puis s’était rendu en quad jusqu’à la synagogue, à environ 20 kilomètres où des centaines de personnes participaient au troisième jour de pèlerinage marqué par des processions festives.
Aux abords de la Ghriba, il avait ouvert le feu sur les gendarmes assurant la sécurité, tuant deux autres collègues avant d’être abattu. Quatre visiteurs ainsi que cinq agents de sécurité avaient été blessés. Les autorités tunisiennes avaient dénoncé une attaque « criminelle » mais s’étaient gardées de la qualifier de « terroriste » ou de lui conférer une dimension antisémite.
L’attaque a ravivé le souvenir des violences visant cette synagogue, plus ancienne d’Afrique, qui avait déjà été frappée par un attentat-suicide en 2002 ayant fait 21 morts. La communauté juive de Tunisie, qui comptait plus de 100 000 membres avant l’indépendance, se limite aujourd’hui à environ 1 500 personnes, majoritairement installées à Djerba.
La Tunisie comptait avant l’indépendance en 1956 plus de 100.000 juifs, une communauté tombée à environ 1.500 membres dont la grande majorité vit à Djerba. La Ghriba, la plus ancienne synagogue d’Afrique, avait été déjà visée en 2002 par un attentat suicide meurtrier au camion piégé qui avait fait 21 morts. Le lieu de culte accueille chaque année des milliers de fidèles.
Avant cela, dès 1985, la synagogue avait été une première fois touchée par une attaque similaire à celle de 2023 dans son modus operandi, lorsqu’un soldat tunisien chargé de maintenir l’ordre avait ouvert le feu dans l’enceinte de la synagogue de la Ghriba et tué cinq personnes, dont quatre pèlerins juifs.
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