Un espoir de désescalade se profile dans l’est de la RDC après des mois de violences. Le président Félix Tshisekedi a donné son accord de principe pour un cessez-le-feu face à la rébellion du M23/AFC. Cette trêve, portée par la médiation angolaise et l’Union africaine, pourrait entrer en vigueur dès le 18 février. Reste désormais à garantir son respect sur le terrain grâce à une surveillance internationale renforcée.
La proposition de cessez-le-feu faite par l’Angola dans la guerre à l’est de la RDC continue de susciter des réactions aussi bien au Congo Kinshasa que dans les chancelleries occidentales. Si de son côté, Kinshasa a déjà accepté le principe d’un arrêt des hostilités prévu pour le 18 février, la communauté internationale, elle, insiste désormais sur un point central : l’heure n’est plus aux déclarations, mais à l’exécution effective des engagements.
La proposition de cessez-le-feu est née d’une rencontre à Luanda réunissant João Lourenço, le président congolais, Félix Tshisekedi, le président togolais, Faure Gnassingbé – médiateur désigné par l’Union africaine – et l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, l’un des facilitateurs du processus de paix.
Cette initiative s’inscrit dans une architecture diplomatique plus large, consolidée lors d’une réunion de haut niveau tenue à Lomé le 17 janvier 2026. L’UA y a précisé le cadre de sa médiation, désormais placé sous l’autorité de Faure Gnassingbé, appuyé par plusieurs co-facilitateurs et un secrétariat conjoint associant l’organisation continentale et des structures régionales. L’objectif affiché : harmoniser les multiples processus en cours – notamment celui de Doha – et éviter la dispersion des initiatives qui a souvent fragilisé les tentatives précédentes de stabilisation dans la région des Grands Lacs.
L’annonce a été officialisée par un communiqué de la Présidence congolaise. Celui-ci souligne que cet engagement s’inscrit dans la recherche d’une solution pacifique et durable au conflit. En acceptant cette trêve, Kinshasa exprime un esprit de responsabilité et d’apaisement face à une crise qui n’a que trop duré. Si le texte officiel de la Présidence reste discret sur le calendrier précis, des sources concordantes confirment que la date du 18 février prochain, à la mi-journée, a été retenue pour l’entrée en vigueur effective de l’arrêt des hostilités entre les forces gouvernementales et la rébellion du M23/AFC. 
Ce futur cessez-le-feu ne repose pas sur une simple promesse verbale mais s’appuie sur une structure technique solide. Il s’insère directement dans le Mécanisme de surveillance et de vérification signé le 14 octobre 2025 à Doha. Ce dispositif international prévoit un contrôle strict des mouvements sur le terrain, incluant le gel immédiat des positions militaires et l’interdiction formelle de tout approvisionnement offensif. L’objectif est clair : empêcher toute tentative de modification du statu quo qui pourrait fragiliser la confiance entre les parties et compromettre la sécurité des populations civiles.
Pour garantir la pérennité de cet engagement, la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) joue un rôle central. Le déploiement des observateurs est déjà en cours, notamment dans la province du Sud-Kivu, pour veiller au respect des engagements pris par les belligérants.
À Bruxelles, le vice-Premier ministre et chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot, a salué sur le réseau social X « une avancée importante » susceptible d’ouvrir une nouvelle dynamique diplomatique. Il met en avant deux leviers essentiels :
- le mécanisme de vérification destiné à garantir le respect du cessez-le-feu ;
- la facilitation de l’accès humanitaire pour les populations affectées.
Du côté américain, le ton se veut à la fois encourageant et exigeant. Massad Boulos, conseiller principal du Président américain pour l’Afrique, a salué l’acceptation par Kinshasa de la proposition angolaise, y voyant un signal positif. Mais il insiste sur la nécessité d’une traduction immédiate en actes concrets : cessation totale des hostilités, arrêt des attaques de drones et priorité absolue à la protection des civils.
Washington met également l’accent sur la mise en œuvre rapide du mécanisme de surveillance et de vérification convenu à Doha. Pour les États-Unis, l’enjeu est double : stabiliser une région stratégique riche en ressources critiques et éviter un nouvel enlisement militaire aux conséquences humanitaires et géopolitiques lourdes.
Le gouvernement congolais a d’ailleurs insisté sur le fait que toute action unilatérale visant à renforcer des positions militaires ou tout soutien extérieur aux groupes armés serait perçu comme une violation grave du processus. Pour Kinshasa, la réussite de cette initiative dépendra du respect strict de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays.
Par Guylain Gustave Moke