Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le 2 mars 2017 au palais présidentiel au Caire
Les groupes Eni et BP veulent faire entrer rapidement en phase de développement le gisement gazier de Denise West, au large de l’Égypte. Une mise en production espérée sous deux ans, dont Le Caire a besoin pour freiner le déclin de sa production nationale et la facture de ses importations de gaz.
Le groupe italien Eni a annoncé, mardi 25 août, intensifier ses travaux aux côtés de BP et de la compagnie nationale Egyptian General Petroleum Corporation (EGPC). Objectif : valider dans les prochains mois la décision finale d’investissement (FID) pour le champ de Denise West, l’une des découvertes offshore les plus prometteuses réalisées récemment dans le pays.
Situé dans la concession de Temsah, en Méditerranée orientale, Denise West a été mis au jour en avril 2026, au cours d’une campagne de forage lancée en octobre 2025. Selon les estimations d’Eni, le gisement recèle environ 2 000 milliards de pieds cubes (Tcf) de gaz en place, soit environ 57 milliards de mètres cubes, accompagnés de 130 millions de barils de condensats.

L’atout du projet tient à son schéma de développement, dit « fast-track ». Situé à moins de dix kilomètres des infrastructures gazières déjà déployées dans la zone, le gisement peut y être raccordé directement. Cette technique permet de réduire les investissements requis et les délais de chantier. Eni table sur une première extraction de gaz moins de vingt-quatre mois après la signature de la décision d’investissement.
Pour Le Caire, ce calendrier tombe à point nommé car après l’âge d’or des exportations porté par le gisement géant de Zohr, la production égyptienne s’est érodée, tombant sous les 4,4 milliards de pieds cubes par jour sur l’exercice 2025-2026. Portée par une demande intérieure toujours vive et des besoins électriques accrus, l’Égypte a dû multiplier les importations de gaz naturel liquéfié (GNL). En juin, le pays a absorbé à lui seul près de 10 % des exportations américaines de GNL, un record.
Face au poids de ces achats sur ses réserves de change, l’Égypte veut privilégier désormais la mise en valeur rapide des gisements de taille moyenne situés près des réseaux existants. Premier producteur étranger du pays, Eni applique cette méthode avec des résultats tangibles et ses opérations menées depuis 2025 ont permis d’accroître de 50 % la production de ses champs offshore du Sinaï.
Denise West doit renforcer le rôle de l’Égypte comme plateforme gazière régionale en Méditerranée orientale. Le champ chypriote Cronos, développé par Eni et TotalEnergies s’inscrit dans la même logique. En effet, son gaz sera acheminé vers les installations égyptiennes de Zohr, puis liquéfié à Damiette avant d’être exporté vers l’Europe.
AfriqueDiplo