Dans un communiqué publié ce jeudi 29 juillet dans la soirée, le président tunisien Kaïs Saïed a annoncé nommé un conseiller de sécurité en charge du ministère de l’Intérieur. Il s’agit de la première nomination quatre jours après qu’il ait limogé le Premier ministre et suspendu l’activité du Parlement pour un mois.
Selon les média locaux, M. Gharsalloui est un ancien commissaire de police devenu conseiller à la sécurité nationale auprès du président.
Le président tunisien Kais Saied avait décidé dimanche soir de geler les travaux du Parlement pour 30 jours et de s’octroyer le pouvoir exécutif, à l’issue d’une journée de manifestations visant notamment le principal parti au pouvoir, Ennahdha, lequel dénonce un « coup d’Etat ». 
Ce coup de théâtre ébranle la jeune démocratie tunisienne, qui fonctionne depuis l’adoption en 2014 d’une Constitution de compromis selon un système parlementaire mixte, dans lequel le président n’a comme prérogatives que la diplomatie et la sécurité.
Des Tunisiens, exaspérés par les luttes de pouvoir et la gestion contestée de la crise sociale et sanitaire par le gouvernement, sont sortis dans la rue en dépit du couvre-feu, tirant des feux d’artifice et klaxonnant avec enthousiasme à Tunis et dans plusieurs autres villes.
De son côté, Ennahdha a fustigé « un coup d’Etat contre la révolution et contre la Constitution », dans un communiqué publié sur sa page Facebook. La formation islamiste a souligné que ses « partisans (…) ainsi que le peuple tunisien défendront la révolution ».
La révolution de 2011 a chassé du pouvoir l’autocrate Zine el Abidine Ben Ali, mettant la Tunisie sur la voie d’une démocratisation qu’elle a continué à suivre depuis, en dépit des défis sociaux et sécuritaires.
Mais depuis l’arrivée au pouvoir en 2019 d’une Assemblée fragmentée et d’un président farouchement indépendant des partis, élu sur fond de ras-le-bol envers la classe politique au pouvoir depuis 2011, le pays s’est enfoncé dans des crises politiques particulièrement insolubles.
M. Saied, qui prônait pendant sa campagne électorale une révolution par le droit et un changement radical de régime, a annoncé qu’il démettait de ses fonctions le chef du gouvernement Hichem Mechichi.
Le président de la République « se chargera du pouvoir exécutif avec l’aide d’un gouvernement dont le président sera désigné par le chef de l’Etat », a-t-il ajouté.
« La Constitution ne permet pas la dissolution du Parlement mais elle permet le gel de ses activités », a déclaré M. Saied, s’appuyant sur l’article 80 qui permet ce type de mesure en cas de « péril imminent ».
Le président a en outre annoncé lever l’immunité parlementaire des députés et promis de poursuivre les personnes impliquées dans des affaires judiciaires.
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