Tanzanian police officers patrol the streets ahead of a demonstration over the alleged kidnapping and killing of opposition members in Dar es Salaam on September 23, 2024. Police arrested Tanzania's top opposition figures on September 23, 2024, their party and police said, as the authorities moved to block a mass protest in the commercial capital Dar es Salaam. Despite an official ban, the opposition Chadema party had vowed to go ahead with the rally over the alleged kidnapping and killing of its members by security forces. (Photo by ALINANUSWE MWANGUKU / AFP)
Samia Suluhu Hassan s’est vue décerner le prix satirique par l’organisation Index on Censorship le 10 janvier, qui vise à dénoncer la répression sanglante lors de la présidentielle d’octobre 2025 et les attaques à la liberté d’expression dans le pays.
Devant Vladimir Poutine, Donald Trump ou Benyamin Netanyahou, la présidente Samia Suluhu Hassan a été désignée « tyran de l’année » par l’ONG britannique Index on Censorship. A l’issue d’un vote en ligne, dont les résultats ont été publiés le 10 janvier, cette nomination a pour objectif de dénoncer les atteintes à la liberté d’expression et les dérives autoritaires.
« Nous ne nous attendions pas à ce qu’elle arrive en tête, reconnaît la présidente de l’ONG, Jemimah Steinfeld. Mais elle mérite amplement cette “victoire” », dont personne ne voudrait. Selon Index on Censorship, la mobilisation en ligne des votants tanzaniens reflète la colère suscitée à la suite des répressions des manifestations post-électorales ayant eu lieu fin 2025. Le nombre total de votants est néanmoins limité à environ 1 000.
Le scrutin du 29 octobre avait été remporté à 97,66 % par Samia Suluhu Hassan, dans un contexte de répression sanglante. Pour dénoncer le musellement de l’opposition dont les deux principaux leaders avaient été écartés de la course à la présidentielle ou arrêtés.
Le contraste entre la position chinoise et celle des puissances occidentales est saisissant. Tandis que les États-Unis évoquent un réexamen complet de leurs relations et que l’Union européenne dénonce un scrutin non équitable, Pékin a choisi de féliciter les autorités pour le bon déroulement des élections. Le chef de la diplomatie chinoise a exprimé un soutien solide aux institutions tanzaniennes et affirmé son opposition à toute ingérence extérieure dans les affaires internes du pays.
Cette posture de non-intervention, pilier de la diplomatie de Pékin, intervient alors que l’opposition tanzanienne fait état d’un bilan tragique de plus de 2 000 morts lors de la répression des manifestations déclenchées le 29 octobre dernier.
La Chine est devenue le premier partenaire bilatéral de la Tanzanie, et les chiffres de l’année 2025 confirment cette accélération. Rien que pour l’année écoulée, 343 projets financés par des capitaux chinois ont été enregistrés, représentant un investissement colossal de 3,1 milliards de dollars. Ces projets, principalement situés dans des zones économiques spéciales, sont essentiels pour le pouvoir en place, car ils auraient généré environ 80 000 emplois.
De plus, la réhabilitation du chemin de fer Tanzanie-Zambie demeure le symbole d’une coopération infrastructurelle que Pékin entend bien poursuivre, indépendamment du climat politique.
En se positionnant comme un partenaire qui ne pose pas de conditions liées aux droits de l’homme ou à la gouvernance intérieure, la Chine renforce son influence sur un continent où plusieurs pays font face à des tensions avec Washington.
Au Kenya comme en Tanzanie, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont atteint des sommets en 2024, portés par un besoin croissant de ressources minérales comme le lithium et l’or. En choisissant de maintenir ses investissements malgré la tourmente, Pékin consolide sa place de partenaire indispensable pour les gouvernements africains en quête d’alternatives aux financements occidentaux.
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