(FILES) In this file photo taken on June 16, 2019 Sudan's ousted president Omar al-Bashir is escorted into a vehicle as he returns to prison following his appearance before prosecutors over charges of corruption and illegal possession of foreign currency, in the capital Khartoum. - Sudanese foreign minister Mariam al-Mahdi said on August 11, 2021 that Khartoum would hand ovr former long-time autocrat Omar Bashir and other officials to the International Criminal Court for their role in the Darfur civil war. (Photo by Yasuyoshi CHIBA / AFP)
Le Soudan va livrer à la Cour pénale internationale (CPI) plusieurs de ses anciens dirigeants parmi lesquels l’autocrate déchu Omar el-Béchir, recherché notamment pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre lors du conflit au Darfour, a indiqué mercredi 11 août la ministre des Affaires étrangères.
«Le Conseil des ministres a décidé de remettre les personnes recherchées à la Cour pénale internationale», a déclaré la ministre Mariam al-Mahdi, selon l’agence officielle Suna, lors d’une rencontre avec le nouveau procureur général du tribunal basé à La Haye, Karim Khan, en visite à Khartoum.
Pendant dix ans, le président soudanais Omar el-Béchir a nargué la Cour pénale internationale (CPI). Visé par plusieurs mandats d’arrêt émis entre 2009 et 2010 pour génocide et crimes de guerre au Darfour, le tout-puissant chef soudanais a continué de régner et de voyager dans le monde. Il semblait intouchable. Lundi pourtant, de manière inattendue, le Soudan annonçait qu’il était prêt à suivre la justice internationale.

Le nouveau chef de la CPI, Karim Khan, 1ui a débuté mardi sa première visite à Khartoum et a fait récemment un pas supplémentaire vers un éventuel procès de l’ex-dictateur Omar el-Béchir avec les autorités soudanaises des manières de « consolider la coopération sur l’enquête » menée par l’instance internationale depuis 2005 sur les crimes commis au Darfour, dans l’ouest du pays.
Le conflit au Darfour a opposé à partir de 2003 le régime à majorité arabe de M. Béchir et des insurgés issus de minorités ethniques, faisant environ 300.000 morts et près de 2,5 millions de déplacés durant les premières années de violences, d’après les Nations unies.
Arrêté et jugé au Soudan après sa destitution en 2019 sous la pression d’une révolte populaire, l’ex-président est recherché par la CPI installée à La Haye, tout comme d’autres figures de l’ancien régime, pour « crimes contre l’humanité » et « génocide » au Darfour.
Déjà reconnu coupable de corruption en décembre 2019, M. Béchir est actuellement détenu à la prison de Kober à Khartoum et est parallèlement jugé pour son rôle dans le coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir en 1989.
La semaine dernière, le cabinet ministériel soudanais a voté en faveur de la ratification du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), une nouvelle étape vers un éventuel procès international de M. Béchir devant cette instance internationale.
Un accord historique conclu entre le gouvernement soudanais de transition et plusieurs groupes rebelles insiste sur la nécessité d’une « coopération complète et illimitée » avec l’instance internationale.
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