A man stands by as a fire rages in a livestock market area in al-Fasher, the capital of Sudan's North Darfur state, on September 1, 2023, in the aftermath of bombardment by the paramilitary Rapid Support Forces (RSF). The conflict between Sudan's army under General Abdel Fattah al-Burhan and the RSF commanded by Mohamed Hamdan Daglo spread in late August 2023 to North Darfur state, with at least 27 localities burned down by the RSF and allied Arab militias, according to the Humanitarian Research Lab at the Yale School of Public Health. (Photo by AFP)
El-Fasher est le théâtre d’un massacre tragique. Plus de 780 civils ont été tués depuis mai 2024, alors que le siège des FSR s’intensifie, reflétant l’horreur de la guerre au Soudan.
El-Fasher, capitale du Darfour-Nord, est devenue le théâtre d’un drame humanitaire sans précédent. Plus de 780 civils ont été tués et des milliers de blessés dans une série d’attaques brutales menées par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Ce siège, qui dure depuis mai 2024, symbolise les violences qui ravagent le Soudan depuis plus d’un an.
Depuis mai 2024, El-Fasher est encerclée par les FSR, sous les ordres du général Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemedti. Les civils, déjà fragilisés par une crise humanitaire profonde, subissent des attaques incessantes visant des zones résidentielles, des camps de déplacés et même des structures médicales, comme l’hôpital principal de la ville.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré cette situation en soulignant que « le siège permanent d’El-Fasher et les combats incessants dévastateurs quotidiens des vies à grande échelle ». 
Les violences ne se limitent pas au Darfour. Dans l’État du Nil Bleu, un bureau du Programme alimentaire mondial (PAM) a été ciblé par un bombardement aérien, tuant trois employés de l’agence onusienne. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, s’est dit « scandalisé » par cette attaque, tandis que Cindy McCain, directrice du PAM, a exigé une enquête approfondie.
Ce drame illustre la complexité de ce conflit, où les acteurs en présence – l’armée soudanaise dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan et les FSR – sont tous deux accusés de cibler sélectivement les civils et les infrastructures humanitaires.
Depuis le début des affrontements en avril 2023, El-Fasher est devenu un enjeu stratégique. En s’emparant de cette ville, les FSR cherchent à éloger l’armée soudanaise de l’un de ses derniers bastions au Darfour. Cependant, le coût humain de cette lutte pour le pouvoir est exorbitant : des dizaines de milliers de morts et plus de 11 millions de déplacés, selon les estimations de l’ONU.
Alors que les témoignages de violations des droits humains se multiplient, la communauté internationale reste en grande partie spectatrice. Les efforts de médiation peinent à aboutir, tandis que les civils payaient le prix fort de cette guerre fratricide.
Les appels à un cessez-le-feu et à des enquêtes sur les atrocités commises, comme celle du PAM, restent sans réponse. Pendant ce temps, le Soudan continue de s’assombrir dans une spirale de violence, laissant une population désespérée face à l’incertitude de son avenir.
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