Le parti Patriotes indépendants pour le changement avait déjà annoncé qu’il ne reconnaîtrait pas les résultats de l’élection du 27 novembre.
Le principal parti d’opposition en Namibie a engagé lundi 9 décembre une procédure de contestation des résultats de la présidentielle, marquée selon lui par des irrégularités, après la victoire au premier tour de la candidate du parti au pouvoir.
Ce mouvement, les Patriotes indépendants pour le changement (IPC), avait déjà annoncé qu’il ne reconnaîtrait pas les résultats dans ce vaste pays d’Afrique australe riche en minerais. Il a déposé des documents devant la Haute Cour pour demander l’accès aux décomptes des bulletins de vote. 
« L’élection a clairement été entachée d’irrégularités », a déclaré l’IPC dans sa requête, en demandant à la juridiction d’obliger la commission électorale à fournir les décomptes des votes exprimés et comptés au cours des quatre jours du scrutin. Le parti d’opposition a besoin de ces informations pour déterminer l’étendue des irrégularités et « envisager de lancer une procédure concernant la validité des élections ».
Les élections présidentielle et législatives du 27 novembre ont dû être prolongées à deux reprises en raison de problèmes logistiques et techniques, dont une pénurie de bulletins de vote. Le premier jour du vote, d’interminables files d’attente ont obligé certains électeurs à abandonner, certains ayant attendu douze heures.
Le 3 décembre, la commission électorale avait proclamé la victoire de Netumbo Nandi-Ndaitwah, 72 ans, issue du parti au pouvoir, dès le premier tour avec 57,31 % des suffrages. Il s’agit de la première femme à être élue présidente dans ce pays de trois millions d’habitants. Si la participation, de 76 % des inscrits, a été bien plus élevée que lors de la précédente présidentielle (61 %), elle a été extrêmement inégale.
Les régions d’Ohangwena et Omusati, fiefs du parti historique au pouvoir dans le nord du pays, où Mme Nandi-Ndaitwah a signé ses meilleurs scores (respectivement 79,7 % et 82,6 %), ont été marquées par des participations spectaculaires de 91 % et 92 %, très supérieures au reste du pays. La région densément peuplée de Khomas, englobant la capitale Windhoek, où les dysfonctionnements ont été nombreux, n’a par exemple enregistré que 67 % de participation.
Figure de la lutte pour l’indépendance, Mme Nandi-Ndaitwah porte des positions conservatrices – elle est par exemple partisane d’une législation stricte en matière d’avortement. Son premier opposant, le candidat du parti des Patriotes indépendants pour le changement, Panduleni Itula, arrive loin derrière elle, avec seulement 25,50 % des voix.
La Rédaction