Le roi Mohammed VI
Une nouvelle étape a été franchie dans la coopération militaire entre le Maroc et les États-Unis, le 21 mai 2024. En effet, une feuille de route a été signée à Rabat par les deux pays, en présence du ministre délégué à l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudiyi, et de l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Steven Faherty.
Cette feuille de route s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre le Maroc et les États-Unis, et vise à renforcer la coopération militaire bilatérale dans plusieurs domaines stratégiques. Il s’agit notamment de l’échange d’informations et d’expertise en matière de sécurité et de défense ; de la formation et l’entraînement militaires conjoints ; de la coopération en matière de lutte contre le terrorisme et les menaces transnationales ainsi que du développement des capacités militaires des deux pays.
Cette signature est une nouvelle illustration de la solidité des relations entre le Maroc et les États-Unis, et de leur engagement commun à promouvoir la paix et la sécurité dans la région. La coopération militaire entre le Maroc et les États-Unis s’inscrit dans une longue histoire d’accords et de partenariats qui se sont développés et renforcés au fil des décennies.

Les premiers accords de coopération militaire datent des années 1950, lorsque le Maroc a reçu une aide militaire américaine dans le cadre de sa lutte pour l’indépendance. Depuis lors, les deux pays ont signé plusieurs accords de défense importants. C’est le cas notamment en 1989 avec la signature de l’accord de coopération militaire et économique. En 2004, un Plan d’action de partenariat stratégique a été scellé entre Rabat et Washington.
En 2016, le Maroc a été désigné comme allié majeur non membre de l’OTAN par les États-Unis. En 2020, un accord de coopération militaire d’une durée de dix ans a été paraphé entre les deux pays. Ces accords ont permis de renforcer la coopération entre les deux pays dans plusieurs domaines. Notamment l’échange d’informations et d’expertise en matière de sécurité et de défense. Ils ont aussi permis la formation et l’entraînement militaires conjoints.
Fin 2022, Washington avait approuvé la modernisation de la flotte d’avions F-16 marocains pour un coût de plus de 900 millions de dollars. Il était alors question pour les Forces armées royales de doubler les capacités des avions de ce type. A cette époque, l’armée marocaine s’employait à acquérir de nouvelles armes auprès des États-Unis, d’Israël, de la Turquie.
En 2023, Washington avait vendu d’armes et d’équipements connexes au Maroc. La Defense Security Cooperation Agency, en charge des exportations d’équipements militaires américains, avait approuvé la vente au royaume de dix-huit M142 HIMARS (High Mobility Artillery Rocket System). Le coût de la transaction : plus de 520 millions de dollars.
Ce montant inclut la livraison de munitions, dont quarante missiles balistiques tactiques M57 ATACMS (Army Tactical Missile System), d’une portée comprise entre 70 et 300 km, précise Zone Militaire. Dans le même temps, une certification délivrée par l’Agence américaine de coopération sécuritaire, permettra aux avions F-16 marocains d’être équipés de 40 bombes. Laquelle vente concerne aussi d’autres équipements militaires, en plus de pièces de rechange.
La coopération en matière de lutte contre le terrorisme et les menaces transnationales a connu un bond et le développement des capacités militaires des deux pays. La signature de la feuille de route le 21 mai 2024 s’inscrit dans la continuité de cette relation de coopération en constante évolution. Elle témoigne de l’engagement des deux pays à promouvoir la paix et la sécurité dans la région.
En plus des accords formels, le Maroc et les États-Unis mènent également des exercices militaires conjoints réguliers et participent à des opérations de maintien de la paix.
Le Maroc mène une véritable course à l’armement, dans un contexte de tension avec le voisin algérien. L’Armée nationale populaire d’Algérie est aussi active de son côté. Seulement, de récentes études ont conclu que si les deux pays d’Afrique du Nord s’arrachent des armes tous azimuts, le Maroc a jeté son dévolu sur la qualité, alors que l’Algérie, elle, vise la quantité. Choix qui placeraient le royaume chérifien en meilleure position quant aux équipements militaires de pointe.
AfriqueDiplo