D’anciens ministres et des présidents de mouvements politiques avaient été interpellés en juin alors qu’ils se réunissaient au domicile de l’un d’entre eux, à un moment où les activités des partis étaient interdites depuis avril.
La justice malienne a accordé jeudi 5 décembre la liberté provisoire à onze opposants à la junte, arrêtés en juin pour « complot contre les autorités légales et réunion illégale » après qu’ils avaient appelé à un retour des civils au pouvoir, a-t-on appris de l’un d’eux et de source judiciaire.
Parmi les onze opposants libérés figurent d’anciens ministres et des présidents de partis et de mouvements politiques signataires d’une déclaration publiée le 31 mars par leur coalition et appelant la junte à rendre le pouvoir aux civils. Ils avaient été interpellés en juin alors qu’ils se réunissaient au domicile de l’un d’entre eux, alors que les activités des partis étaient interdites depuis avril. Les militaires ont levé cette interdiction en juillet. 
« Nous sommes tous rentrés à la maison. Le procureur nous a dit que c’est une liberté provisoire mais sans contrôle judiciaire et sans restriction de voyage », a précisé à l’Agence France-Presse (AFP) l’un des opposants libérés, sous le couvert de l’anonymat. Une source judiciaire a confirmé à l’AFP qu’ils avaient obtenu une liberté provisoire.
Les signataires de la déclaration du 31 mars avaient dénoncé le « vide juridique et institutionnel » laissé après l’expiration du délai prévu pour le départ des militaires et avaient réclamé la tenue d’une élection présidentielle « dans les meilleurs délais ».
Le Mali, confronté au djihadisme et plongé depuis 2012 dans une grave crise multidimensionnelle, est dirigé par des militaires depuis deux putschs, en 2020 et 2021. La junte a décrété en juin 2022 que les militaires céderaient le pouvoir aux civils à la fin de mars 2024, après une présidentielle prévue en février de la même année.
Les militaires ont depuis annoncé le report de la présidentielle à une date toujours inconnue. Les expressions d’opposition sont devenues exceptionnelles sous la junte, étouffées par les injonctions à l’unité nationale et les mesures répressives.
La Rédaction