Guinean President Umaro Sissoco Embalo delivers a speech during the commemorate session at the Belem Cultural Center to celebrate the Carnation Revolution's 50th anniversary in Lisbon on April 25, 2024. Portugal marks the 50th anniversary of the Carnation Revolution, a military coup that put an end to Europe's longest-lived dictatorship and 13 years of colonial wars in Africa. (Photo by FILIPE AMORIM / AFP)
Les Bissau-Guinéens ont voté, dimanche 23 novembre, sans incident majeur, pour élire leur prochain président et leur Parlement, avec l’espoir de tourner la page des turbulences politiques mais en l’absence du principal parti d’opposition et de son candidat.
Quelque 860 000 électeurs étaient appelés aux urnes pour choisir entre 12 candidats à la présidentielle, avec, pour enjeu majeur, la stabilité dans un pays ayant vécu depuis son indépendance au rythme des crises politiques, avec quatre coups d’Etat et de nombreuses tentatives de putsch.
Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures et fermées à 17 heures locales en Guinée Bissau. Les premiers résultats provisoires sont attendus au plus tard le 27 novembre. Plus de 6 700 membres des forces de sécurité, appuyés par la mission de stabilisation de la CEDEAO, ont été déployés sur le territoire afin de prévenir tout incident. L’espace aérien ainsi que les frontières terrestres et maritimes restent fermés durant toute la journée du vote.
Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, 53 ans, sollicite un second mandat à la tête du pays. En cas de victoire, il deviendrait le premier chef d’État bissau-guinéen à être réélu depuis l’instauration du multipartisme en 1994. Il affronte notamment l’ancien président José Mário Vaz, désireux de revenir au pouvoir, et Fernando Dias da Costa, un nouveau venu soutenu par une coalition d’opposition.
La candidature de M. Pereira, rival de longue date de M. Embalo et revenu récemment d’exil pour se présenter, a été rejetée par la Cour suprême, qui a jugé que son dossier avait été déposé trop tardivement.
Dans l’un des pays les plus pauvres au monde, où près de 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté, la demande de changement est pressante. Classée 174e sur 193 au dernier indice de développement humain, la Guinée-Bissau a une espérance de vie moyenne limitée à 64 ans. Nombre d’électeurs expriment le souhait de voir enfin émerger stabilité et développement, à travers des investissements dans les infrastructures et les services publics.
Alamar Bidinthilé, chauffeur de 40 ans rencontré dans un bureau de vote, attend du prochain président « du changement en construisant des infrastructures et de la stabilité« . Un sentiment partagé par Mayo Sa, 53 ans : « Je vote depuis que je suis jeune mais depuis il n’y a pas de changement dans le pays. Cette fois-ci, j’espère que ce sera la bonne. »
Ces élections interviennent après plusieurs reports. Prévu initialement pour décembre 2024, le scrutin avait été repoussé par le président sortant pour des raisons de sécurité. Ce décalage a nourri les accusations d’un pouvoir cherchant à prolonger son mandat. Depuis son indépendance en 1973, la Guinée-Bissau a connu quatre coups d’État réussis et plus d’une douzaine de tentatives, totalisant plus de deux décennies de régime militaire.
Quelque 200 observateurs internationaux surveillent le déroulement du vote, estimé jusqu’ici calme et transparent. Mais les observateurs locaux rappellent que les tensions ressurgissent souvent après la proclamation des résultats, sur fond de contestations et d’accusations d’irrégularités, comme en 2019.
AfriqueDiplo