Le ministre de l’intérieur français a effectué une visite de deux jours dans la capitale algérienne dans le but de renouer des contacts rompus depuis dix-huit mois.
Amorce d’embellie ? L’interrogation est récurrente à chaque fois que le contact se renoue au plus haut niveau entre Paris et Alger, alors que la relation traverse une crise aiguë depuis dix-huit mois, la plus grave depuis l’indépendance de l’Algérie, en 1962.
Le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, a effectué une visite à Alger, les lundi 16 et mardi 17 février, qui a permis aux deux gouvernements de « travailler à réenclencher une coopération sécuritaire de très haut niveau », a-t-il déclaré à la sortie de son entretien avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, avant de prendre l’avion de retour pour Paris.
Il reste à savoir si l’éclaircie esquissée va dégager durablement l’horizon bilatéral et briser la fatalité des espoirs douchés sans relâche par une actualité adverse. Début avril 2025, une visite d’apaisement à Alger du ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait tourné court au bout de quelques jours. Elle avait été torpillée par l’arrestation en France d’un agent consulaire algérien pour son implication présumée dans la séquestration, en Seine-et-Marne, en 2024, de l’influenceur opposant Amir Boukhors (alias Amir DZ).
La France et l’Algérie sont tombées d’accord, mardi 17 février, pour relancer leur coopération sur les questions de sécurité, a annoncé à Alger le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez. Il s’agit d’une amorce de dégel des relations bilatérales, plongées dans une grave crise depuis l’été 2024. 
A sa sortie d’une entrevue, confirmée à la dernière minute, avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, M. Nuñez a fait savoir que les deux pays étaient parvenus à « réenclencher un dispositif de coopération sécuritaire de très haut niveau ». « Toute la journée de lundi » a été consacrée à des réunions de travail, avec l’objectif de « reprendre des relations de sécurité normales », et même de « les densifier » en matière de coopération judiciaire, policière et de renseignement, a expliqué le ministre dans une brève déclaration.
Le dernier déplacement d’un ministre de l’intérieur français en Algérie remontait à Gérald Darmanin à la fin de 2022. Son successeur, Bruno Retailleau, avait cristallisé les crispations, tentant régulièrement d’aller au bras de fer avec Alger. Une récente visite en Algérie de l’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal, devenue présidente de l’Association France-Algérie, a permis de débloquer la situation.
La relation bilatérale est très fortement dégradée depuis la reconnaissance, à l’été 2024, par la France d’un plan d’autonomie sous « souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental. Dans ce territoire, au statut non défini selon l’ONU, un conflit oppose depuis cinquante ans le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par Alger. L’Algérie avait immédiatement retiré son ambassadeur en France.
La crise s’est aggravée avec l’arrestation, en novembre 2024, de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal (gracié depuis par M. Tebboune) et après la mise en examen, en avril 2025, d’un agent consulaire algérien accusé d’être impliqué dans l’enlèvement d’un influenceur algérien, Amir DZ. Cette affaire a conduit à l’expulsion réciproque de diplomates et d’agents consulaires.
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