USA President Donald J Trump
L’African Growth and Opportunity Act (AGOA), qui permet à de nombreux produits africains d’accéder au marché américain sans droits de douane, arrive à échéance en septembre. L’incertitude plane sur son avenir.
Le responsable du département d’Etat américain pour l’Afrique a déclaré mardi 20 mai qu’un important accord commercial entre les Etats-Unis et l’Afrique, actuellement en suspens, devrait probablement intégrer plus de « réciprocité » pour être renouvelé.
L’African Growth and Opportunity Act (AGOA), qui permet à de nombreux produits africains d’accéder au marché américain sans droits de douane, arrive à échéance en septembre 2025. L’incertitude plane sur son avenir, en raison des politiques commerciales protectionnistes de l’administration du président Donald Trump.
« Si l’AGOA est renouvelé, je m’attends à ce qu’il reflète probablement les enjeux du monde moderne », a expliqué Troy Fitrell, haut responsable du bureau des affaires africaines au département d’Etat américain, lors d’une conférence en ligne avec des journalistes africains. « Il faudra probablement une forme de réciprocité beaucoup plus marquée », a-t-il ajouté, estimant que les futurs échanges entre les Etats-Unis et l’Afrique devraient reposer sur « une relation réciproque, répondant aux besoins des deux parties ». 
Selon M. Fitrell, la diplomatie américaine a un rôle secondaire dans les discussions sur la prolongation de l’accord, renvoyant la responsabilité aux diplomates africains pour convaincre le Congrès américain. « Quand on me demande ce que j’ai fait pour le renouvellement de l’AGOA, je réponds : “Et vous, qu’avez-vous fait ?” », a-t-il expliqué.
D’après lui, plusieurs pays africains ont évoqué la possibilité d’accords de libre-échange bilatéraux avec les Etats-Unis, des propositions accueillies favorablement par Washington. M. Fitrell s’est exprimé dans le cadre de la promotion de la stratégie diplomatique de Donald Trump en Afrique, centrée sur l’investissement privé plutôt que sur l’aide au développement.
Si le slogan « Du commerce, pas de l’aide » existe depuis longtemps à Washington, il reste à voir si les accords récents marqueront une rupture avec les administrations précédentes. Des critiques avancent toutefois que la réduction de l’aide étrangère pourrait compromettre certains projets du secteur privé en Afrique.
L’administration Trump a notamment proposé des coupes dans les financements de la Millennium Challenge Corporation (MCC), une agence américaine qui soutient des projets, tels que les infrastructures routières en Côte d’Ivoire ou l’accès à l’électricité au Sénégal.
L’AGOA, mis en place en 2000 sous la présidence démocrate de Bill Clinton, accorde des exonérations tarifaires aux pays africains sous certaines conditions, telles que le pluralisme politique, le respect des droits humains et la lutte contre la corruption.
A ce jour, une trentaine des 54 pays du continent africain bénéficient de l’accord, qui couvre une large gamme de produits, des vêtements aux voitures. En 2023, les exportations africaines sous AGOA ont atteint 9,26 milliards de dollars, dont 4,25 milliards dans le secteur pétrolier ou de l’énergie, selon la Commission américaine du commerce international (USITC).
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