Au moins 100 personnes sont mortes lors d’un glissement de terrain dans une mine d’or artisanale de l’ouest de la République centrafricaine (RCA), à la frontière avec le Cameroun, a appris l’Agence France-Presse (AFP), mercredi 19 août, de sources locales. Le drame s’est produit mardi vers 14 heures dans la mine d’or artisanale de Zamboyé, à environ 50 kilomètres de la ville centrafricaine de Baboua. Les recherches sont encore en cours.
Plus tôt, un fonctionnaire local avait fait état d’une quarantaine de morts dans le glissement de terrain qui s’est produit à la mi-journée. D’autres sources locales évoquaient déjà une centaine de morts au moins : « A ce stade, il nous est difficile d’établir un bilan formel », avait déclaré le député de Baboua, Laurent Ngon Baba, interrogé par l’AFP mercredi matin.
L’éboulement aurait été provoqué par « l’effondrement de plusieurs galeries souterraines dans lesquelles des mineurs opéraient », a fait savoir le parquet de Baboua dans un communiqué, annonçant l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Des rescapés ont été transportés à l’hôpital de Baboua. Au moins quatre ressortissants camerounais ont perdu la vie dans l’accident, selon le quotidien Cameroon Tribune. « Nous travaillons en étroite collaboration avec nos collègues centrafricains pour gérer les suites de ce drame », a assuré Grégoire Mvongo, gouverneur de la région camerounaise.
Les éboulements sont fréquents dans les mines de cet Etat d’Afrique centrale dont les sols sont particulièrement riches et convoités, souvent exploités illégalement, hors de tout contrôle étatique. « C’est catastrophique. Le sol s’est complètement écroulé et a enseveli des gens », a rapporté à l’AFP Cédric Mbango, un mineur de Zamboyé. « C’est depuis 14 heures que les opérations de sauvetage ont commencé. Au moment où je vous parle, d’autres personnes sont encore ensevelies. Les tentatives de sauvetage sont en cours », a-t-il poursuivi.
Dans une vidéo de l’accident qui circule sur les réseaux sociaux, on peut voir une partie du sol de cet immense chantier minier à ciel ouvert, où travaillent des centaines d’orpailleurs artisanaux, se détacher et ensevelir de nombreux mineurs sur son passage.
L’opposition, tant au Cameroun qu’en Centrafrique, n’a pas tardé à réagir. Martin Ziguélé, président du Mouvement pour la libération du peuple centrafricain, a jugé que « la responsabilité du gouvernement est directement engagée dans la survenue de ces drames ». « Ce drame (…) dévoile l’inhumanité de ceux qui s’enrichissent de l’exploitation illégale des minerais. Ils ne se préoccupent nullement des conditions dans lesquelles des compatriotes poussés par la misère opèrent sur des sites miniers sauvages », a fustigé l’opposant camerounais Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun.
Le Cameroun, qui mise sur l’exploitation de ses ressources minières (fer, diamant, or, bauxite et cobalt notamment) pour développer son économie, s’est doté d’un nouveau code minier en 2023. Mi-juillet, le gouvernement camerounais avait annoncé le renforcement des contrôles dans la filière aurifère, après qu’un important écart eut été constaté entre les exportations d’or déclarées par les douanes camerounaises et les importations déclarées par les pays importateurs, notamment les Emirats arabes unis. Selon le gouvernement, plus de 200 sociétés exercent des activités minières sans titre ou autorisation régulière dans le pays.
A la mi-juin, un effondrement similaire avait fait plusieurs dizaines de morts dans la mine d’or de Bé-Mbari, également à la frontière avec le Cameroun. Les riches ressources minières du pays (uranium, lithium, diamant, bois, or) sont en partie exploitées par de nombreuses sociétés étrangères venues des Etats-Unis, de Chine, de Russie, du Rwanda, du Canada ou de France.
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