Les journalistes de France Télévision enlevés sont tous deux très expérimentés, avec chacun plus de vingt ans d?expérience professionnelle sur de nombreux théâtres d?opération.
Au Niger, six journalistes ont été inculpés pour des infractions liées à la cybercriminalité, dont trois placés en détention à Kollo. Les organisations de défense de la presse dénoncent une dérive autoritaire et un musellement croissant des médias. La communauté internationale réclame leur libération immédiate.
La liberté d’informer est mise à rude épreuve au Niger. Six journalistes ont été inculpés lundi 3 novembre pour des infractions liées à la loi sur la cybercriminalité. Si trois d’entre eux ont obtenu une liberté provisoire, trois autres ont été placés sous mandat de dépôt à la prison de Kollo, suscitant une vague d’indignation parmi les organisations de défense de la presse.
L’affaire, actuellement à l’instruction, a mené à l’incarcération de trois figures reconnues du paysage médiatique nigérien. Il s’agit de : Ibro Chaibou, secrétaire de rédaction à la Radio-Télévision Saraounia, Youssouf Seriba, directeur de publication du journal Les Échos du Niger, Oumarou Kané, fondateur du périodique Le Hérisson. Tous trois ont été placés sous mandat de dépôt à la prison de Kollo.

Les accusations portent notamment sur la « complicité de diffusion de document de nature à troubler l’ordre public ». Trois autres professionnels des médias, dont Moussa Kaka, directeur de la RTS et ancien correspondant de RFI, ont quant à eux bénéficié d’une liberté provisoire.
Face à ces arrestations, les réactions des organisations professionnelles sont unanimes et véhémentes. Reporters sans frontières (RSF) a exprimé sa « profonde inquiétude », qualifiant cette situation de rétrécissement alarmant du paysage médiatique nigérien.
RSF dénonce des poursuites jugées « arbitraires » et sans fondement. L’organisation s’interroge publiquement sur la justification de l’acte reproché : « Comment la publication d’une simple invitation à la couverture d’un événement public pourrait-elle troubler l’ordre public ? »
Pour RSF, ces incarcérations participent à une stratégie de musellement de la presse et risquent d’entraîner une dangereuse montée de l’autocensure parmi les journalistes.
L’Union des journalistes de la presse libre africaine (UJPLA) est également montée au créneau. Josué Blaise Mbanga Kack, son vice-président, a lancé un appel pressant aux autorités nigériennes.
« Nous demandons la libération sans condition de tous ces journalistes. Les motifs évoqués ne justifient pas une telle privation de liberté. Cela nuit à la presse, à l’image du pays et à la cohésion sociale », a-t-il déclaré.
L’UJPLA a exhorté le régime militaire à changer de perspective, invitant les autorités à considérer les journalistes non pas comme des adversaires, mais comme des « vigiles de la société », essentiels pour la stabilité et l’information du public.
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