FILE PHOTO: A test tube labelled "Mpox virus positive" is held in this illustration taken August 20, 2024. REUTERS/Dado Ruvic/Illustration/File Photo
La mpox poursuit sa progression en Afrique et partout dans le monde. Le Gabon a confirmé un premier cas de mpox détecté chez un voyageur de retour d’Ouganda, pays touché par un variant du virus récemment apparu en Afrique, dans un communiqué officiel publié jeudi 22 août.
« Ce jour, 22 août 2024, le gouvernement déclare le premier cas de mpox au Gabon », a annoncé le ministre de la santé, vendredi 23 août, à l’Agence France-Presse (AFP).
Selon le communiqué, le cas de mpox a été détecté chez un homme de 30 ans, « vivant au Gabon et ayant séjourné dans les deux dernières semaines en Ouganda, pays impacté par l’épidémie ». « Le patient est en bon état général » et « a été mis en isolement et pris en charge », poursuit le communiqué.
Le ministère de la santé gabonais « a mis en place des dispositions visant à renforcer la préparation et la prévention contre l’importation de mpox au Gabon », avec « la mise en alerte maximale » du système de surveillance épidémiologique et l’« acquisition de la capacité de poser le diagnostic au niveau national », selon la même source.

La mpox est une maladie virale qui se propage de l’animal à l’homme mais se transmet aussi par le biais d’un contact physique étroit. La maladie provoque de la fièvre, des douleurs musculaires et des lésions cutanées.
La recrudescence du virus mpox en Afrique, qui touche de plein fouet la RDC, mais aussi le Burundi, le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda, a poussé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à déclencher à la mi-août son plus haut degré d’alerte au niveau international en déclarant la maladie « urgence de santé publique de portée internationale ».
La bonne nouvelle est qu’il existe un vaccin efficace contre la mpox. La mauvaise nouvelle pour l’Afrique est que seuls deux laboratoires le produisent : le danois Bavarian Nordic, dont le vaccin MVA-BN a été approuvé par la plupart des autorités de santé dans le monde, et le japonais KM Biologics, dont le LC16 est moins répandu. La plupart des vaccins et traitements ont été précommandés par les pays riches.
C’est un schéma malheureusement familier. La pandémie de Covid-19 a laissé un douloureux souvenir aux pays du Sud, qui ont vu les pays riches accaparer les vaccins qu’ils avaient réussi à produire alors que le virus mortel se propageait sur la planète.
Le directeur d’Africa CDC, Jean Kaseya, estime que 10 millions de vaccins sont nécessaires d’ici à fin 2025 pour venir à bout de l’épidémie. Il a pris contact avec Bavarian Nordic, qui lui a dit que l’objectif n’était pas impossible à atteindre. Dans l’immédiat, les espoirs du docteur Kaseya reposent d’abord sur les dons aux pays les plus touchés, effectués au nom de l’urgence humanitaire : l’Union européenne s’est engagée à fournir 215 000 doses de vaccin, la France 100 000, les Etats-Unis 50 000.
A moyen terme, ce n’est pas suffisant. Il faut tirer les leçons de la pandémie de Covid-19 sur un indispensable partage plus équitable des outils de santé, en faisant appel à des organisations telles que l’Accélérateur ACT, créé dans le cadre de la pandémie et qui réunit des chefs d’agence de santé et des experts, ou la GAVI, alliance qui œuvre pour accroître l’accès aux vaccins à l’échelle mondiale. Cela passe aussi par des aides financières à l’achat des vaccins et à la logistique, et par des transferts de technologie qui vont permettre la production des vaccins sur le continent africain. Cela repose avant tout sur la volonté de ne pas reproduire les erreurs du passé.
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