Des combattants russes installés depuis peu au Burkina Faso ont quitté le pays ouest-africain pour aller défendre la ville russe de Koursk, harcelée par les forces ukrainiennes.
Leur mission aura été de courte durée. Arrivés en mai au Burkina Faso pour épauler la junte du capitaine Ibrahim Traoré, les hommes de la Brigade Bear, une société militaire privée liée au ministère de la défense russe, sont en train de faire leurs paquetages.
Cette unité compterait près d’une centaine d’hommes, sur les deux cents à trois cents éléments russes actuellement déployés au Burkina Faso. Raison officielle de ce départ, seulement trois mois après leur arrivée : participer à l’effort de défense russe contre l’offensive lancée par l’armée ukrainienne le 6 août dans la région de Koursk.
Dans un entretien sur la messagerie Telegram, Viktor Yermolaev, commandant de la brigade Bear, a confirmé vendredi l’information selon laquelle une partie de ses effectifs avaient dû aller se battre en Russie. « Nous avons vu que (les Ukrainiens) avaient choisi la guerre », a expliqué celui qui se fait appeler « Jedi ». « La guerre, c’est notre métier (…). Il n’y a pas plus grand honneur pour un combattant russe que de défendre la mère patrie ». 
Viktor Yermolaev a refusé de préciser ses missions mais confirmé le chiffre de 300 hommes déployés au départ. « Certains restent bien sûr, nous avons des bases et des propriétés, équipements et munitions. On ne ramène pas tout en Russie ». Une récente photo de lui, crâne rasé, barbe poivre et sel fournie et bras recouverts de tatouages, circule sur les réseaux sociaux aux côtés d’Ibrahim Traoré.
Cinq jours plus tard, le 27 août, la chaîne Telegram de son unité diffuse un message plus explicite indiquant qu’« en lien avec les événements récents, la brigade retourn[ait] en Crimée ». C’est en effet en Crimée occupée, à Perevalne, que se trouve le camp de base de la Brigade Bear, dont Viktor Yermolaev assure qu’elle n’a « aucun lien avec le ministère russe de la défense ».
Des contacts avec certains de ses cadres sont pourtant avérés. Le 5 avril 2023, Iounous-bek Evkourov, le vice-ministre russe de la défense, qui supervise aujourd’hui tout le dispositif militaire du Kremlin sur le continent africain, s’était ainsi rendu en personne dans le camp de Perevalne pour lui apporter son soutien.
L’armée russe, qui progresse sur le front en Ukraine, a été prise par surprise par l’attaque ukrainienne dans la région russe de Koursk, le 6 août. Toujours en cours, l’opération a pris au dépourvu une Russie qui n’avait plus vu autant de troupes ennemies sur son sol depuis la Seconde Guerre mondiale.
La Rédaction