This pool image distributed by Sputnik agency shows Russian President Vladimir Putin, African leaders and heads of delegations posing for a family photo at the second Russia-Africa summit in Saint Petersburg on July 28, 2023. (Photo by Alexey DANICHEV / POOL / AFP)
Par sa conférence ministérielle Russie-Afrique, le Kremlin a voulu apporter une nouvelle illustration du « monde multipolaire » qu’il entend promouvoir dans son face-à-face avec les Occidentaux.
Le président russe, Vladimir Poutine, a promis un « soutien total » de Moscou aux pays africains, dimanche 10 novembre, à l’occasion d’une conférence ministérielle Russie-Afrique à Sotchi (Sud-Ouest).
« Notre pays va continuer d’apporter son soutien total à nos amis Africains dans différents domaines », a-t-il déclaré dans une adresse lue par son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, devant les participants à la conférence. Il pourra s’agir « du développement durable, de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, contre les maladies épidémiques, du règlement des problèmes alimentaires ou des conséquences des catastrophes naturelles », a-t-il poursuivi.
Cette conférence, organisée avec de hauts responsables de pays africains samedi et dimanche sur les rives de la mer Noire, fait suite à deux sommets Russie-Afrique qui ont eu lieu en 2019, à Sotchi, et en 2023, à Saint-Pétersbourg. Selon Sergueï Lavrov, grâce au « rythme qui a été donné » par ces deux sommets, les relations russo-africaines se renforcent « de plus en plus ». « Nous voyons du progrès dans tous les axes » de la coopération, s’est-il félicité.

Par cette conférence, le Kremlin entend apporter une nouvelle illustration du « monde multipolaire » qu’il veut promouvoir dans son face-à-face avec les Occidentaux. Elle a lieu après le sommet des BRICS en octobre, à Kazan (Russie), où Vladimir Poutine avait voulu démontrer l’échec de la politique d’isolement et de sanctions engagée contre son pays par les pays occidentaux après l’assaut russe en Ukraine, en février 2022.
La conférence a également été marquée par une rhétorique anti-néocoloniale, séduisante pour de nombreux dirigeants africains. Ce discours trouve un écho sur le continent, où la Russie est perçue comme une alternative à l’influence des anciennes puissances coloniales. Moscou s’engage, par ailleurs, dans des domaines stratégiques, notamment en matière de sécurité, avec le soutien de groupes paramilitaires comme Wagner dans des zones de conflit en Afrique centrale et au Sahel.
Outre la sécurité, la Russie s’intéresse de près aux ressources naturelles africaines. De grandes entreprises russes exploitent des gisements de minéraux précieux sur le continent, comme Alrosa pour les diamants et Rusal pour la bauxite. D’autres secteurs, tels que le numérique et les infrastructures, sont également au cœur des discussions.
Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur la pérennité de cette alliance, d’autant que pour Moscou, l’Afrique semble être autant une carte stratégique qu’une réponse aux sanctions occidentales.
Depuis plusieurs années, la Russie, qui fut un acteur incontournable en Afrique à l’époque soviétique, pousse ses pions dans les pays africains, où sa rhétorique contre « le néocolonialisme » et pour « un ordre mondial plus juste » trouve un écho auprès d’une grande partie des responsables du continent.
Par Guylain Gustave Moke