Le Premier ministre malien Choguel Maïga s’est présenté ce vendredi 30 juillet à Bamako devant les membres nommés du Conseil National de la Transition (CNT), qui joue le rôle d’Assemblée nationale. Il a décliné le Plan d’action du Gouvernement (PAG) autour de 4 points essentiels : renforcement de la sécurité ; réforme politique ; élection et bonne gouvernance.
Pour le Premier ministre Choguel Maïga, « Le Mali est un grand corps malade qui a besoin d’une thérapie ». Il propose – permettez l’expression – trois médicaments. D’abord, une gouvernance de rupture. Dans ce registre, il annonce une lutte contre l’impunité, contre la corruption… L’air est connu, mais il ajoute la réduction du train de vie de l’État.
– »Réformes sécuritaires et institutionnelles »-
Autre remède : les réformes sécuritaires. Devant les membres du CNT, le Premier ministre malien a déclaré que son gouvernement mettra à la disposition de l’armée, les moyens humains, matériels. Il prévoit également un nouveau plan de sécurisation du pays, avec un redéploiement de l’administration dans les zones où elle est absente.
Autre ambition, les réformes politiques et institutionnelles, avec à la clé, des assises nationales de la refondation, et une conférence sociale.
Pour sortir le Mali de la crise, il faut aussi des élections. Choguel Maïga s’engage à respecter les dates fixées fin février 2022… Et là comme médicament, il y aura un organe unique de gestion des scrutins transparents pour obtenir la transparence. Ce PAG a un coût : 2050 milliards de francs CFA. 
Le nouveau Premier ministre de transition au Mali, Choguel Kokalla Maïga 63 ans, est un « animal politique » au parcours sinueux, nommé par décret présidentiel par le colonel Assimi Goïta, lui-même investi chef de l’Etat quelques heures plus tôt, deux semaines après son deuxième coup d’Etat en neuf mois.
– Clivant et fin stratège –
Fort d’une carrière de plus de 30 ans, M. Maïga est un « animal politique », une personnalité « clivante », mais aussi, « qu’on le veuille ou non, un stratège », estime le rédacteur en chef du site d’information malien Benbere, Bokar Sangaré,
D’ancien supporteur du dictateur Moussa Traoré (1968-1991), à l’allié des militaires aujourd’hui, M. Maïga aura aussi soutenu et été le ministre du président Keïta avant d’en devenir un détracteur virulent.
Après avoir étudié les télécommunications en Union soviétique dans les années 1970, il a occupé divers postes à la Société des télécommunications du Mali (Sotelma).
Il débute en politique au sein de la formation de Moussa Traoré et, après le renversement du dictateur par un mouvement populaire en 1991, il se réclame –à l’inverse d’une immense majorité de la classe politique d’aujourd’hui– de son héritage.
Depuis 20 ans, Choguel Maïga a été de toutes les luttes de pouvoir, souvent à la marge: candidat aux présidentielles de 2002, 2013 et 2018, il ne recueille qu’entre 2 et 3% des voix.
Entre-temps, il a soutenu le président Amadou Toumani Touré (2002-2012), dont il a été ministre de l’Industrie. En 2013, il se rallie au second tour à Ibrahim Boubacar Keïta (« IBK »), dont il sera le ministre de la Communication de 2015 à 2016, avant de s’ancrer dans l’opposition.
Avant même d’accéder à ses nouvelles fonctions, il a cherché à rassurer les signataires de cet accord et les partenaires du Mali, affirmant que son pays respecterait ses engagements internationaux, tout en avertissant que « les invectives, les sanctions, les menaces ne feront que compliquer la situation ».
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