Depuis le début de la crise anglophone au Cameroun, un peu plus de deux tiers des déplacés internes enregistrés par les autorités camerounaises ont bénéficié de l’aide gouvernementale, a indiqué mardi Paul Atanga Nji, ministre camerounais de l’Administration territoriale.
« Sur un total de 152 000 déplacés internes dus à la crise anglophone, le gouvernement a déjà apporté assistance à 104 000 d’entres eux », a-t-il précisé.
M. Atanga Nji s’est exprimé à Buea, chef-lieu de la region anglophone du Sud-Ouest, lors d’une visite d’évaluation de l’aide humanitaire. Il est en compagnie de la coordonnatrice du système des Nations Unies au Cameroun Allegra Maria Del Pilar. 
En juin 2018, le gouvernement camerounais a lancé un « plan special d’assistance » doté de 12,7 milliards de francs Cfa (environ 19,4 millions d’euros) au profit de la population anglophone. Novembre dernier, un centre de coordination de l’aide humanitaire d’urgence a été crée pour la mise en oeuvre de ce plan.
Représentant 20% de la population camerounaise qui est majoritairement francophone, la minorité anglophone s’estime marginalisée et francisée par le pouvoir central depuis des décennies. Une mouvance sécessionniste armée y est née en octobre 2017.
Cette crise a fait plus de 430 000 déplacés internes, selon les Nations Unies. Au moins 170 soldats ont été tués dans les affrontements avec les séparatistes, d’après l’armée camerounaise. Il n’y a pas de statistiques officielles sur le nombre des séparatistes abbatus.
Début mai, le Premier ministre camerounais Joseph Dion Ngute a annoncé que le gouvernement était désormais disposé à initier un dialogue inclusif sur toutes les revendications politiques sauf « l’indivisibilité de l’Etat.
Le gouvernement camerounais a fixé les lignes directrices aux agences humanitaires actives dans la partie anglophone du pays plongée dans une crise séparatiste.
Il s’agit des modalités pratiques des opérations sur le terrain que les autorités camerounaises demandent aux agences d’assistance à respecter, afin de minimiser les malentendus entre le gouvernement et les humanitaires, a précisé M. Atanga Nji à Buea, chef-lieu de la région anglophone du Sud-Ouest, où il a rencontré des donateurs internationaux.
Le gouvernement camerounais avait accusé à plusieurs reprises certaines ONG d’utiliser la crise anglophone pour des gains financiers au détriment de la population souffrante.
D’après M. Atanga Nji, ces lignes directrices sont comme « la bible » des opérations d’assistance, et les humanitaires qui ne respecteraient pas ces directives ne seront pas autorisés à fonctionner sur le terrain. Il a également souligné l’importance de la neutralité et de la transparence des actions humanitaires au Cameroun.
Le nombre des déplacés internes dus à la crise anglophone est estimé à plus de 430 000, d’après les Nations Unies.
Représentant 20% de la population camerounaise qui est majoritairement francophone, la minorité anglophone s’estime marginalisée et une mouvance sécessionniste armée y est née en 2017.
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