Après s’être déclaré candidat à la présidentielle de février 2019, transgressant ainsi la ligne du Parti démocratique sénégalais, Madické Niang risque l’exclusion. Babacar Gaye, le porte-parole du PDS, s’explique à Jeune Afrique sur cette candidature « parallèle » qui divise le parti libéral.
L’affrontement semblait inévitable. Malgré les obstacles qui se dressent sur la route de son candidat à la présidentielle, Karim Wade, le Parti démocratique sénégalais (PDS, opposition) n’envisage pas de « Plan B ». Mais en son sein, des voix discordantes s’élèvent, insistant sur la nécessité d’envisager un candidat de secours. La rupture est intervenue mercredi 3 octobre, incarnée par Madické Niang.
Président du groupe parlementaire Liberté et démocratie, ce proche parmi les proches d’Abdoulaye Wade a décidé de se présenter à l’élection présidentielle. « Je réaffirme mon appartenance au PDS, et pour qu’il continue à jouer un rôle de premier plan sur l’échiquier politique et dans la marche du pays j’ai décidé de me présenter à l’élection présidentielle pour assumer une candidature alternative de notre parti », a-t-il justifié dans un communiqué, transgressant la ligne du parti, jusqu’alors immuable, du « Karim ou rien ».
La sanction ne s’est pas faite attendre. Dès le lendemain, le secrétaire général national du PDS, Abdoulaye Wade, estimant que Madické Niang avait « franchi le Rubicon », a livré par écrit une réponse cinglante, arguant que « tout soutien apporté à un candidat autre que celui régulièrement désigné par les instances du parti constitue un cas d’indiscipline majeure et d’incompatibilité flagrante entraînant la perte de la qualité de membre ».
Madické Niang sera-t-il exclu ? Sa candidature peut-elle prospérer sans le soutien de son mentor ? Babacar Gaye, le porte-parole du PDS, s’explique sur cette candidature « parallèle » qui divise le parti libéral.
Jeune Afrique : La candidature de Madické Niang est-elle pour vous une surprise ?
Babacar Gaye : Non, car Madické Niang s’était déjà ouvert au secrétaire général national à propos de sa conviction qu’un plan B serait nécessaire. Mais ils n’étaient pas parvenus à s’entendre, ce qui le conduit aujourd’hui à présenter une candidature parallèle. Si nous remportons notre combat pour la reconnaissance des droits civiques de Karim Wade, il me semble évident que Madické Niang se retirera. Il ne s’agit pas d’une candidature de substitution. L’objectif principal est la participation du PDS à la prochaine présidentielle… et sa victoire. Pour cela, nous avons choisi de lutter pour que Macky Sall respecte les droits civiques de Karim Wade et mène des élections transparentes. Seul l’avenir nous dira si la candidature de Madické Niang va dans le sens de notre projet présidentiel.