Le Conseil de sécurité des Nations unies salue la reprise des relations entre l‘Éthiopie et l‘Érithrée.
Mais l’instance ne s’est toutefois pas prononcée sur les sanctions qui visent l‘Érithrée après que les représentants des États-Unis, de la Chine, de la Grande-Bretagne, de la France et de la Côte d’Ivoire ont exprimé des préoccupations.
La Côte d’Ivoire souhaitait également que la déclaration mentionne un différend frontalier entre l’Erythrée et Djibouti, une initiative soutenue par plusieurs autres membres, qui n’a toutefois pas été incluse.
Des affrontements meurtriers ont éclaté entre les pays de la Corne de l’Afrique en juin 2008 après que Djibouti a accusé Asmara d’avoir déplacé des troupes de l’autre côté de la frontière. 
L‘Éthiopie, actuellement membre du Conseil, a déclaré lundi qu’elle souhaitait que les Nations unies lèvent les sanctions contre l’Erythrée.
Depuis 2009, l‘Érythrée est soumise à un embargo des Nations Unies sur les armes. Des des experts de l’ONU ayant accusé le pays d’apporter un soutien politique, financier et logistique aux groupes armés, de saper la paix et la réconciliation en Somalie. Des accusations niées par le mis en cause.
Le Conseil de sécurité, composé de 15 membres, devrait renouveler en novembre un embargo sur les armes et des sanctions ciblées contre l‘Érythrée.
Il pourrait choisir d’adopter une résolution avant la levée des sanctions. Une résolution a besoin de neuf votes en faveur et pas de veto par les États-Unis, la Chine, la Russie, la Grande-Bretagne ou la France.
Cependant, une résolution de novembre 2017 renouvelant les sanctions a également exhorté l‘Érythrée et Djibouti “à continuer à maintenir une atmosphère de calme et de retenue et les appelle à rechercher toutes les solutions disponibles pour régler leur différend frontalier de manière pacifique”.
Par aileurs, dans les rues de la capitale éthiopienne Addis-Abeba, les habitants se réjouissent.
Inconcevable il y a encore quelques mois, l’Ethiopie et l’Erythrée font la paix. La guerre de tranchée et ses 80 000 morts s’est terminée en 2000, mais les deux pays ne sont jusqu’à présent jamais parvenus à résoudre leur différend frontalier. Sous l’impulsion d’Abiy Ahmed, le Premier ministre nommé en avril, l’Ethiopie s’engage à respecter les traités de paix internationaux.
Sa visite en Erythrée a été accueillie par une foule agitant des drapeaux des deux pays. A Addis-Abeba, les Ethiopiens ne cachent pas leur enthousiasme.
« C’est super ! L’Ethiopie et l’Erythrée à nouveau frères, c’était le rêve de tous les Ethiopiens et tous les Erythréens, se réjouit un habitant de la capitale. C’est vraiment un rêve qui devient réalité. Mon grand-père et toute sa famille habitent en Erythrée. Je ne les connais pas encore mais j’ai hâte de les rencontrer ! Dès qu’Ethiopian Airlines aura recommencé les vols vers Asmara, j’irai ! »
Le fleuron de l’aviation africaine a annoncé une reprise des vols dès la semaine prochaine. Et le bus devrait relier les deux capitales dès le mois d’août. « Je suis vraiment content que nos deux pays redeviennent amis. Ce sera aussi bon pour l’économie, car on va à nouveau avoir accès aux ports érythréens. »
Maintenant, le plus dur reste à faire : démilitariser la frontière et trouver une solution pour toutes les familles dont les biens ont été spoliés, qu’il s’agisse des Ethiopiens qui vivaient en Erythrée avant la guerre, comme des Erythréens qui habitaient en Ethiopie.
Afrique Diplo