Chairperson of the African Union Commission Moussa Faki speaks during the launch of a new round of peace talks between the South Sudan government and rebel groups on at the State House in Nairobi on May 9, 2024. South Sudan's government launched a new round of peace talks with rebel groups on May 9, 2024 in Nairobi, with Kenya mediating after previous negotiations fell apart in 2022. Previously, talks between the government and a coalition of rebel groups, which did not sign a 2018 peace agreement that ended a five-year civil war, were brokered in Rome by a Catholic association with ties to the Vatican. (Photo by Tony KARUMBA / AFP)
C’est à travers un appel à candidatures aux candidats intéressés à soumettre à leurs États-membres leur curriculum vitæ ainsi que des déclarations expliquant comment ils envisageraient la progression de l’agenda de transformation de l’Union Africaine et de relever les défis auxquels le continent est confronté, que le processus électoral des hauts responsables de la Commission de l’Union Africaine a débuté.
Ces élections, qui auront lieu lors du 38e sommet de l’Union Africaine, en février 2025, avec huit postes de responsabilité à pourvoir, vont mettre en lice les postes de président, vice-président et de 6 commissaires.
Basé sur le principe de rotation inter-régionale, le processus électoral de février 2025 « stipule que :
* La région de l’Est soumettra des candidats masculins et féminins pour le poste de président.
* La région du Nord quand à elle soumettra des candidats masculins et féminins pour le poste de vice-président. * Les autres régions ( Centre, Sud et Ouest) soumettront au moins deux candidats (un homme et une femme) pour les six portefeuilles de commissaire. »

Il est à noter que chaque région détermine sa propre procédure de nomination des candidats pour les portefeuilles pour lesquelles elle est éligible. Les élections de la commission de l’Union Africaine se déroulent comme suit : la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement élit le Président et le vice-président, le Conseil Exécutif ministériel élit les commissaires, qui seront ensuite nommés par la conférence. Dans ces élections l’égalité hommes-femmes est prise en compte et les élus servent pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois.
Avant ces élections par scrutin secret, les candidats à la Présidence de la Commission participent à un débat télévisé, diffusé en direct aux citoyens africains, surnommé MJADALAAFRIKA, le débat sur le leadership africain, qui permet aux candidats de présenter leur vision de transformation de l’Afrique à travers la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Afrique.
Le processus électoral de l’Union Africaine est guidé par des principes garantissant une représentation régionale équitable, la parité des genres y est fortement recommandée afin d’élire des membres doués d’un leadership et d’une gestion responsable des affaires pour l’atteinte des objectifs de développement de l’Afrique.
La soumission des nominations régionales à la Commission de l’Union Africaine ayant été fixée au 6 août dernier, les présélections menées par un jury d’éminentes personnalités africaines nommés en février 2024 ont confirmé quatre candidats à la succession du Tchadien Moussa Fakir Mahamat (président sortant) au poste de Président de la Commission de l’Union Africaine.
Il s’agit tous d’hommes politiques africains parmi lesquels deux favoris se dégagent : le Djiboutien Mahamoud Ali Youssouf ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la République de Djibouti, le Kényan Raila Amolo Odinga ancien premier ministre du Kenya, le Mauricien Anil Gayan ancien ministre des Affaires étrangères, peu connu hors de son pays et le Malgache Richard Randriamandrato ancien ministre des Affaires étrangères de Madagascar, limogé pour avoir voté la résolution des Nations-Unies condamnant les annexions illégales de la Russie en Ukraine alors que son pays était, jusqu’à là, « non-aligné ».
Pour le poste de vice-président, poste très stratégique, quatre femmes sont en lice dont les favorites sont : la Marocaine Latifa Akherbach, Présidente de la Haute Autorité de la Communication audiovisuelle, diplomate et journaliste, qui est immédiatement challengée par la brillante Algérienne Selma Malika Haddadi, Ambassadrice auprès de la République d’Ethiopie et Représentante permanente à l’Union Africaine.
S’il est certain que tous les yeux seront rivés sur le poste de Président de la Commission, l’élection de la prochaine vice-présidente devrait aussi faire parler, en raison des tensions existantes entre l’Algérie et le Maroc, sur fond de forcing diplomatique marocain, dans le dossier du Sahara Occidental.
La Rédaction