En République Démocratique du Congo (RDC), le climat politique est de plus en plus tendu, alors que la population (opposition), s’oppose fermement au projet de révision de la Constitution présenté par le président Félix Tshisekedi.
Le Président congolais, Félix Tshisekedi, a clairement exprimé son intention au projet de révision de la Constitution au cours d’un meeting qu’il a tenu, à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo. « Notre Constitution n’est pas adaptée. Elle a été rédigée par des étrangers, à l’étranger. Il est temps d’élaborer une Constitution qui reflète nos véritables besoins ». Tels sont les propos lâchés, depuis Kisangani, par le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Félix Tshisekedi est arrivé au pouvoir en janvier 2019, après des élections controversées qui ont été marquées par des accusations de fraude et d’irrégularités. Son ascension a été vue comme une opportunité pour le changement et une rupture avec l’héritage de Joseph Kabila, qui a régné pendant 18 ans. Au début de son premier mandat controversé, Félix Tshisekedi avait promis de respecter l’article 220 de la Constitution, qui interdit toute modification du nombre et de la durée des mandats présidentiels, ainsi que d’autres principes fondamentaux comme l’indépendance de la justice et le pluralisme politique, des réformes et un renouveau démocratique. 
Tshisekedi a conclu un « deal » avec Joseph Kabila pour assurer une transition pacifique du pouvoir. Ce pacte implicite aurait permis à Kabila de conserver une influence significative sur les affaires politiques, tandis que Félix Tshisekedi bénéficierait du soutien de l’appareil étatique et des ressources. Cependant, cette entente n’a pas été sans conséquences, car elle a engendré des critiques sur le manque de véritable changement et a exacerbé les tensions entre les deux camps.
En dénonçant l’illégitimité de la Constitution sur laquelle il a prêté serment en 2018, comme une constitution rédigée par des étrangers à l’étranger, il remet en cause sa propre légitimité. Ainsi, la révision constitutionnelle de Tshisekedi, consisterait à étendre hors des délais constitutionnels la durée des mandats électifs, légitimiter son pouvoir aprés deux mandats, grevant ainsi d’incertitudes la démocratie et l’alternance.
Tshisekedi s’est cru légitime parce qu’il a su évincer les autres (Fayulu et katumbi). Il s’en est fait un mérite. Il a joué sur le fait que les Congolais en avaient assez des fausses légitimités partisanes. Il avait sévèrement critiqué la proposée révision de la Constitution de Macky Sall ( Sénegal ). Toute la question est de savoir si pareille légitimité va tenir dans le revirement de situation (révision de la Constitution).
Au début de son premier mandat controversé, Félix Tshisekedi avait promis de mettre fin aux violences dans l’est du Congo, en particulier dans la province du Nord-Kivu. « Je suis prêt à sacrifier ma vie pour que la paix revienne« , avait-il déclaré à l’époque.
Pourtant, la situation sécuritaire en RDC est également préoccupante. Le pays fait face à des violences persistantes dans l’Est, où plusieurs groupes armés, notamment des milices locales et des forces rebelles, continuent d’opérer. La gestion de cette crise sécuritaire a été une des promesses centrales de Tshisekedi, mais il a lamentablement échoué » .
Et tout reste que Tshisekedi négocie à longueur de journée. Après s’être fait jouer et ridiculiser par le Kenya, l’Afrique du Sud et Kagamé, il n’en continue pas moins à poursuivre les mêmes chimères avec l’Angola. Pour rien ! La question de la guerre á l’est (avec les M23) où il est directement impliqué par ses décisions, en dépit de ses dénégations, est une réalité troublante qui montre que la proposée révision de la Constitution de Tshisekedi n’est pas la réponse à ses déboires.
Tshisekedi se croit » présidentiable » en tentant de réviser de la Constitution; il ne l’est plus. Le peuple n’y croit plus. Dans sa bêtise, Tshisekedi pense qu’il y a une lueur d’espoir et cohérence dans ses discours des promesses »piètres ». Il pointe le doigt son prédécesseur de la destruction des soubassements de la vie sociale du pays par ce qu’il ne le comprend pas (encore moins sa politique). Il ne l’aime pas. Il n’aime que lui-même ; il considère sa carrière comme l’unique raison de son existence, à laquelle les autres doivent se plier. C’est malheureusement devenu la logique de nos institutions.
La proposée révision de la Constitution de Tshisekedi est une trahison. La vérité sur cette trahison de principe et de fait, éclate maintenant à tous les niveaux et dans tous les domaines. Il s’agit d’une destruction systématique, accompagnée d’un insupportable mépris, de tout ce qui constitue la RDC: ses institutions, ses corps d’État et de métiers, ses professions, ses traditions, sa mémoire, ses finances, ses économies et sa constitution.
Comme ce fût la chute de Joseph Kabila en tentant de réviser de la Constitution (2015-2017), ainsi s’annonce le début de la fin de Tshisekedi. Le pays se trouve à un carrefour crucial, où le choix entre le dialogue et la chute de Tshisekedi, déterminera le chemin vers la stabilité ou la la confrontation.
La proposée révision de la Constitution de Tshisekedi est une machination politique qui mettra en péril la paix, l’unité et la stabilité du pays. Le spectre de la contestation populaire, qui avait été si palpable lors des tentatives de Kabila de modifier la Constitution, en 2015, pourrait resurgir. Ce qui alimente des craintes d’une escalade de la violence et de l’instabilité.
Par Guylain Gustave Moke
Analyste Géopolitique