La situation sécuritaire au Mali connaît une brusque dégradation, après des attaques coordonnées visant des positions sensibles et d’importantes figures du pouvoir. Actuellement, l’État peine à contenir l’expansion des groupes armés, avec de grosses pertes au sommet de la hiérarchie militaire. La tension est de mise à Bamako avec le recul des forces sur plusieurs fronts. Le pays s’enfonce dans une crise profonde.
Le Mali traverse une nouvelle zone de turbulences après une série d’attaques coordonnées ayant frappé plusieurs points stratégiques du pays. Incertitudes sécuritaires, pertes humaines au sommet de l’État et recomposition des forces sur le terrain. Telle est la situation actuelle qui suscite une vive inquiétude.
Environ 12 000 assaillants auraient été mobilisés sur plusieurs fronts lors des attaques coordonnées du 25 avril au Mali. Tandis que plus de 2 500 combattants auraient été neutralisés par les forces maliennes. L’offensive a également entraîné la destruction de 152 véhicules, de sept mortiers et la mort de deux kamikazes. Ces chiffres, particulièrement élevés, sont la preuve d’une intensité des combats rarement observée dans le pays.
On en sait un peu plus sur les attaques coordonnées du 25 avril ayant frappé le Mali. Selon un document interne, près de 12 000 assaillants auraient pris part aux offensives simultanées visant plusieurs positions stratégiques. Les forces maliennes affirment avoir neutralisé plus de 2 500 combattants, détruit 152 véhicules, sept mortiers et éliminé deux kamikazes. Des données qui prouvent l’ampleur inédite de l’attaque.
Au-delà du bilan humain et matériel, ces attaques ont profondément ébranlé les institutions du pays. La mort du ministre de la Défense, figure centrale du dispositif sécuritaire, constitue un choc politique d’envergure. Plusieurs villes du Mali, dont Bamako, Kati, Gao et Mopti, ont été visées révélant une coordination redoutable entre groupes djihadistes et rebelles. Une offensive simultanée qui grève sérieusement la capacité des Famas à contenir la menace.
Dans la nuit du 27 au 28 avril, des détonations ont été entendues à proximité de la zone aéroportuaire de Bamako, accentuant le climat d’angoisse dans la capitale. L’absence initiale de communication officielle a favorisé la propagation de rumeurs. Longtemps considérée comme relativement protégée, la capitale est désormais exposée à une grande menace. Ces incidents ont entraîné une dégradation rapide de la situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire. 
Parallèlement, l’absence prolongée du chef de la transition sur la scène publique a alimenté les spéculations. Des mouvements inhabituels de véhicules militaires observés dans la zone de Kati ont suscité des interrogations sur un éventuel redéploiement stratégique du pouvoir. Même si les autorités ont tenté de rassurer, ce flou communicationnel a fragilisé davantage la perception d’un État pris en étau par les groupes armés.
Sur le terrain, la situation demeure particulièrement préoccupante dans le nord du pays. La ville de Kidal est passée sous le contrôle de groupes armés. Dans la région de Gao, des replis tactiques ont également été observés, notamment à Labbezanga. Des mouvements qui témoignent des difficultés opérationnelles rencontrées par l’armée face à des attaques coordonnées.
La marge de manœuvre de la junte semble se réduire, d’autant que l’Africa Corps amorce un repositionnement dans le nord du pays. Or, la stratégie malienne repose en grande partie sur le soutien russe, d’abord à travers Wagner, puis via l’Africa Corps avec 2000 soldats déployés. Pourtant, ces dispositifs n’ont pas permis d’enrayer l’insurrection. Le remplacement progressif de Wagner par l’Africa Corps pourrait ouvrir une nouvelle phase diplomatique. Dans une phase de fragilisation militaire, Bamako pourrait être amené à reconsidérer certaines options.
Le retrait de l’Africa Corps de certaines zones stratégiques, comme Kidal, a provoqué des critiques au sein même des autorités maliennes. Les combattants du GSIM et du FLA y renforcent leurs positions, profitant du retrait de certaines forces alliées pour consolider leur emprise territoriale. Dans la région de Gao, des replis ont été observés. Notamment à Labbezanga, où les forces maliennes se sont retirées vers Ansongo. Ce redéploiement fait ressortir les difficultés rencontrées par l’armée face à des attaques coordonnées et bien organisées.
Après plusieurs jours d’absence, le chef de la transition est finalement réapparu publiquement, mettant fin aux rumeurs sur sa situation. Sa visite aux blessés dans un hôpital de Bamako et son déplacement auprès de la famille du ministre décédé sont un retour sur le devant de la scène qui visent à rassurer les populations.
Pourtant, plusieurs zones d’ombre entourent ces informations. D’abord, aucune preuve indépendante ne permet de confirmer avec certitude l’authenticité de l’image diffusée ni la tenue réelle de cette audience. Plus troublant encore, le chef de l’État y apparaît portant un masque sanitaire, un détail surprenant alors que la pandémie de COVID-19 est considérée comme largement derrière nous depuis plusieurs années. S’agit-il d’une ancienne photo recyclée ou d’une mise en scène récente ?
Guylain Gustave Moke