A man stands by as a fire rages in a livestock market area in al-Fasher, the capital of Sudan's North Darfur state, on September 1, 2023, in the aftermath of bombardment by the paramilitary Rapid Support Forces (RSF). The conflict between Sudan's army under General Abdel Fattah al-Burhan and the RSF commanded by Mohamed Hamdan Daglo spread in late August 2023 to North Darfur state, with at least 27 localities burned down by the RSF and allied Arab militias, according to the Humanitarian Research Lab at the Yale School of Public Health. (Photo by AFP)
L’ONG met en garde sur le risque d’un « bain de sang » à El-Fasher, capitale du Darfour du Nord, où quelque 800 000 personnes sont assiégées par les paramilitaires depuis mai 2024.
Médecins sans frontières (MSF) a alerté jeudi 3 juillet sur les « atrocités de masse » et « nettoyages ethniques » en cours dans le Darfour du Nord, où les combats entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) font rage. « Les gens ne sont pas seulement pris dans des combats acharnés et (…) aveugles mais également ciblés par les FSR et leurs alliés, notamment en raison de leur ethnie », a affirmé dans un communiqué Michel Olivier Lacharité, responsable des urgences chez l’ONG.
Depuis avril 2023, les Soudanais sont pris dans la guerre pour le pouvoir qui oppose l’armée régulière aux FSR. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et 13 millions de déplacés. Après avoir perdu la capitale, Khartoum, en mars, les FSR ont redirigé leur offensive vers l’ouest du pays où ils tentent de s’emparer d’El-Fasher, la capitale du Darfour, encore tenue par l’armée. 
Dans son rapport intitulé « Assiégés, attaqués, affamés », MSF alerte sur le risque d’un « bain de sang » à El-Fasher, où quelque 800 000 personnes sont assiégées par les paramilitaires depuis mai 2024. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a affirmé vendredi qu’il tentait de négocier un cessez-le-feu pour permettre l’acheminement d’aide humanitaire à El-Fasher.
La ville est en grande partie privée de nourriture, d’eau et de soins médicaux, tandis que la famine touche trois camps de déplacés voisins. Un rapport de MSF, rédigé à partir de 80 témoignages recueillis entre mai 2024 et mai 2025, décrit « des schémas systématiques de violences incluant pillages, massacres, violences sexuelles, enlèvements, famines » et attaques contre des infrastructures civiles.
Selon des témoins cités par MSF, les soldats des FSR projettent de « nettoyer El-Fasher » de ses communautés non arabes, en particulier l’ethnie des Zaghawa – pilier des Forces conjointes alliées à l’armée – suscitant des craintes de massacre après les atrocités perpétrées en 2023 contre les Masalit dans l’ouest du Darfour. « Nous craignons qu’un tel scénario se répète à El-Fasher », a déclaré Mathilde Simon, conseillère en affaires humanitaires de MSF.
Les troupes du général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, dirigeant le pays depuis le coup d’Etat de 2021, et les FSR de son ancien allié, le général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti », sont régulièrement accusées de commettre des massacres.
Le conflit, qui entre dans sa troisième année, a provoqué ce que l’ONU qualifie de « plus grande crise humanitaire actuelle ». Rien qu’au nord du Darfour, plus d’un million de personnes sont au bord de la famine, selon l’ONU. Le conflit a fragmenté le pays, l’armée contrôlant l’est, le centre et le nord, tandis que les FSR tiennent presque tout le Darfour et des parties du sud.
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