President of the National Committee for Rally and Development (CNRD) Colonel Mamady Doumbouya (C) leaves a meeting with high level representatives of the Economic Community of West African States (ECOWAS) in Conakry on September 17, 2021. Colonel Mamady Doumbouya's special forces on September 5, 2021 seized Alpha Conde in a Coup, the West African state's 83-year-old president, a former champion of democracy accused of taking the path of authoritarianism. (Photo by JOHN WESSELS / AFP)
L’enlèvement de Saadou Nimaga, ancien secrétaire général du ministère des Mines, soulève des inquiétudes croissantes sur la sécurité en Guinée, alors que son avocat dénonce l’inaction des autorités.
Le 17 octobre dernier, en plein jour à Conakry, Saadou Nimaga, ancien secrétaire général du ministère des Mines, disparaissait dans des circonstances inquiétantes. Accompagné de son chauffeur, l’ex-haut fonctionnaire a été contraint par quatre individus de monter dans son propre véhicule, sous le regard de témoins et de caméras de surveillance.
Alors que son chauffeur a depuis été libéré, Nimaga demeure introuvable, et les zones d’ombre persistantes.
Me Mohamed Traoré, avocat de Nimaga, ne cache pas son exaspération devant la lenteur de l’enquête. Selon lui, les autorités ne communiquent pas et semblent inertes. « Nous avons toutes les raisons de douter aujourd’hui de l’existence de ces enquêtes », a-t-il déclaré, critiquant le manque de transparence des procureurs. Pour l’avocat, une communication aurait permis de rassurer la population, de lutter contre la psychose et de contrer les rumeurs persistantes autour de l’enlèvement.

Face à ce silence des autorités, le Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG) a manifesté son soutien à la famille de Nimaga et exhorté la communauté nationale et internationale à se mobiliser pour la sécurité et la justice en Guinée. Selon leur communiqué, « la désacralisation de la dignité humaine » alimente un climat d’insécurité dans le pays, rappelant que d’autres disparitions similaires, comme celles des militants Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, restent irrésolues. Pour le FFSG, la justice pour ces victimes doit devenir une priorité pour les Nations Unies et les partenaires internationaux.
Me Traoré a également lancé un appel à la population guinéenne : « Il ne faudrait pas que les gens restent bras croisés en se disant que ça ne peut arriver qu’aux autres. » En invitant les citoyens à collaborer avec les enquêteurs, il souligne l’importance de la solidarité et de la vigilance collective pour éviter de nouveaux drames. Cette affaire met en lumière une inquiétude croissante autour de la sécurité des citoyens et de l’efficacité des autorités guinéennes.
AFP