Dans le nord du Mali, au moins 15 personnes, dont des enfants, ont été tuées dimanche par des frappes de drones sur la ville de Tinzaouaten, près de laquelle l’armée a subi une lourde défaite le mois dernier, ont déclaré des sources concordantes.
« L’armée de la junte malienne et les mercenaires russes du groupe Wagner (…) ont exécuté plusieurs frappes de drones venus du Burkina Faso à Tinzaouatène, à quelques mètres du territoire algérien », affirment les séparatistes qui font état d’un bilan provisoire de 21 civils tués, dont 11 enfants, des dizaines de blessés et « des dégâts matériels énormes ».
« Celles-ci ont ciblé dans un premier temps une pharmacie, ensuite d’autres frappes ont suivi en visant des attroupements humains auprès des premiers dégâts », poursuit leur porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane, dans un communiqué. 
D’autres frappes ont touché une maison civile et d’autres parties de la ville, a ajouté Mohamed Elmaouloud Ramadane par téléphone. Un élu local soutient qu’il n’y a eu que des civils tués. « On est sans nouvelles d’autres civils », a ajouté un responsable d’une ONG locale. L’armée malienne n’a pas répondu à une demande de commentaire, selon Reuters.
C’est dans la même localité de Tinzaouatène que les séparatistes et les djihadistes ont affirmé avoir tué des dizaines de membres du groupe paramilitaire russe Wagner et de soldats maliens lors de combats entre le 25 et le 27 juillet.
L’armée malienne et le groupe Wagner ont reconnu des pertes importantes sans donner de bilan précis. Cette défaite est l’une des plus lourdes subie en une bataille par le groupe Wagner en Afrique. L’armée malienne avait répliqué les jours suivants par des frappes de drone sur la localité qui avaient déjà tué plusieurs civils.
Les groupes armés séparatistes ont perdu depuis 2023 le contrôle de plusieurs localités du nord, après une offensive de l’armée malienne qui a culminé par la prise de Kidal, bastion de la revendication indépendantiste et enjeu de souveraineté majeur pour l’Etat central.
La junte dirigée par le colonel Assimi Goïta a, depuis 2022, multiplié les actes de rupture. Elle a notamment rompu l’alliance ancienne avec la France et ses partenaires européens, pour se tourner militairement et politiquement vers la Russie.
AFP